par | Fév 16, 2018 | Rencontres de Voyacteurs

Quand voyage Responsable rime avec Audace ! – Rencontre avec Charlotte

Notre Super Voy’actrice Edith a passé l’année 2017 en solo sur les routes de l’Asie entre découverte des cultures, échanges de service et partage de bonnes adresses sur Voy’agir. Comme dans tout voyage, Edith a fait des rencontres marquantes. Il y en a une en particulier qu’elle a voulu partager. Elle nous raconte ici sa rencontre au Népal avec Charlotte, une voyageuse audacieuse et responsable !

Au détour du groupe Facebook We are Backpackeuses, je “rencontre virtuellement” Charlotte pour la première fois. C’est son post — un message sur ce groupe de voyageuses en sac à dos qui s’échangent des bons plans et autres conseils — qui attire mon attention. Établie depuis quelques temps au Népal, elle propose son aide à celles et ceux qui y viendraient en voyage pour les aiguiller s’ils ont des questions. Je viens d’arriver au Népal, ça me donne envie d’en savoir plus. Après une recherche je vois que l’on a une amie en commun, elle a travaillé dans l’entrepreneuriat social et semble avoir un projet super intéressant en cours … bref je fonce ! Et à raison, car Charlotte accepte tout de suite de me rencontrer. De plus je vais découvrir une personnalité encore plus riche que ce à quoi je m’attendais !

Je rencontre Charlotte chez elle, à Patan — ville jumelle de Katmandou, juste au sud de celle-ci. Elle me met à l’aise tout de suite. Ce moment d’échange se transformera rapidement en discussion animée de plus de 4 heures, avec en prime une visite des boutiques éthiques dans son quartier à Patan et un cours de masala tea !

Un attrait pour le voyage dès l’enfance et l’évidence de l’engagement solidaire

Pour comprendre comment Charlotte est arrivée jusqu’ici, on remonte loin. Jusqu’à ses 7 ans précisément ! “J’ai demandé à mes parents de ne plus m’offrir de cadeaux pour noël, mais de mettre de l’argent de côté pour mes futurs voyages” me dit-elle. Des aventures qu’elle met en attente pendant ses études et son premier emploi — dans le domaine de l’économie sociale et solidaire — un engagement qui l’habite depuis toujours. Après des premières années mobilisée dans son métier, Charlotte ressent de plus en plus un besoin d’exploration vers de nouveaux horizons, bien sûr toujours avec une dimension responsable.

Un voyage initiatique pour se découvrir et agir sur la société

Elle crée donc L’épicurieuse: un projet alliant voyage et engagement responsable. Charlotte précise : “L’objectif, c’était vraiment qu’au travers de ce voyage engagé, je puisse révéler, mesurer et promouvoir le potentiel d’action d’un individu sur la société”. Cette initiative l’emmène notamment en Mongolie, en Inde et au Népal. C’est dans ce dernier pays qu’elle réalise un projet de taille.

Charlotte mène une phase d’immersion et d’enquête terrain de plusieurs mois pour connaître la situation et les besoins dans la région de Katmandou, rencontrant les acteurs sur place, visitant des villages, échangeant avec la population. “Il est difficile de connaître ce qui manquent vraiment, où l’on peut avoir un impact durable seulement derrière son ordinateur et depuis l’extérieur. Venir sur place, y passer du temps, discuter avec les gens c’est primordial” me dit-elle. Elle identifie un village touché par le séisme de 2015 qui manque encore de ressources de base (eau courante, électricité). Celles-ci pourraient permettre un meilleur développement des conditions de vie de ses habitants, et elle les mobilise.

Après avoir quantifié les fonds nécessaire — 5 000 euros, la phase 2 du plan est lancée : réunir ce montant par l’exploit personnel. Elle lance une campagne de financement autour d’un défi très audacieux : l’ascension de 5 sommets au dessus de 5 000 mètres (c’est pile le bon endroit le Népal pour ça, coucou la chaîne himalayenne ! Himalaya voulant littéralement dire « demeure des neiges »). D’une part elle réussit ce défi sportif et mental, mais elle réunit également les fonds nécessaire. Chapeau bas !

Des enseignements qui pourrait bien vous inspirer et vous pousser vers le voyage

De cette expérience hors du commun, et au travers des autres aventures qu’elle a vécu lors de ce voyage, Charlotte me partage les apprentissages qui l’ont particulièrement marqué.

D’abord sur l’avant, le fait de sauter le pas et aussi du lâcher prise une fois en voyage :

“Le voyage en solo est une expérience bien moins difficile et dangereux que l’on peut s’imaginer”

 

“Le voyage commence à partir du moment où l’on ose ne plus rien planifier”

Puis autour du rapport à l’Autre et du rapport à son propre voyage :

“Les frontières, les barrières linguistiques ou les différences culturelles ne sont que des constructions sociétales et sociales, il existe un socle commun entre chaque être humain, le découvrir, l’explorer est l’un des plus beau cadeau”

 

“S’ouvrir à l’autre, s’engager pour quelque chose qui nous dépasse (de manière désintéressée) permet de voyager vers soi-même. Le vrai voyage est avant tout intérieur.”

 

“Le voyage nous apprend des valeurs humaines essentielles telles que la patience, le respect, l’acceptation de soi et des autres, l’amour pour chaque chose. Il nous apprend à s’émerveiller de nouveau devant la beauté de la vie et de chaque instant. Finalement, le voyage nous ré-apprend à vivre.”

Et de conclure :

“Le voyage ne m’a pas rendu libre (comme beaucoup de personnes espèrent en voyageant), le voyage m’a fait prendre conscience — en reconnectant avec moi-même, en m’engageant pour les autres — que la liberté ne m’avait jamais quitté.

Des rencontres qui forgent et donnent l’énergie d’aller plus loin

Je comprends tout de même que ce ne sont pas des aventures de tout repos, et ces apprentissages profond ne doivent pas tomber du ciel … Je voulais en savoir plus sur ce qui ressource Charlotte, et les rencontres qui l’ont marquée et nourrie. Elle me conte ses prises de contact auprès des populations ethniques Tamang, Tsatanne et Sasak et comment elle a été touchée en plein cœur : “J’ai découvert des cultures qui ancrent l’égalité et le respect comme base indéfectible des rapports entre les gens. Si tu donnes, tu reçois la moitié en retour. Je suis tombée des nues devant cette bonté et cette honnêteté brute, ancrée. Ça m’a donné un énorme baume au cœur, et redonné confiance en l’humain.”

Des activités en expérimentation

Plusieurs mois après ses exploits, Charlotte est de nouveau sur la brèche avec deux nouveaux et tout beaux projets :

Renforcer le lien France — Népal grâce à des souvenirs éthiques

Faire connaître le Népal et son artisanat en France, tout en promouvant des produits responsables et des histoires concrètes. Charlotte a écumé la vallée de Katmandou pour trouver des projets éthiques (depuis la production de savon au papier traditionnel népalais nommé Lokta , il y en a pour tous les goûts !). Elle raconte leurs histoires et les vend en France via des pop-up stores dans différentes villes et reverse une partie de ses ventes à des associations népalaises.

Du yoga thérapeutique pour apaiser nos maux

Combiner yoga et soins énergétiques pour proposer une approche thérapeutique à tous. Après avoir passé son diplôme de professeure de yoga en Inde, et avoir rencontré plusieurs personnalités du soin énergétique, Charlotte a combiné ces deux approches pour créer PranaCha un accompagnement individuel original. Testé et approuvé par ses premiers “patients” !

Voyager responsable au Népal, des pistes concrètes

“Tout d’abord, commencez par vous défaire de vos à priori sur le pays. Construisez-vous une nouvelle image du Népal en vous renseignant en amont et sur place. Sur l’histoire, la culture, l’économie et les événement récents, c’est un pays très riche et complexe !” m’indique Charlotte. Elle m’explique par exemple quelles régions ont été touchées par le séisme de 2015 — beaucoup plus la vallée de Katmandou et très peu la région de Pokhara par exemple — que les niveaux de reconstruction ou des aides gouvernementales ne sont pas uniformes. “C’est important d’avoir ces éléments en tête pour privilégier certaines zones à visiter. Y faire nos dépenses touristiques aura un impact d’autant plus fort !”.

Comment faire ?

“Vous pouvez solliciter des personnes intervenants dans des entreprises sociales sur place, demandez plus d’informations dans votre guesthouse une fois sur place et vous appuyez sur des locaux pour organiser votre périple.”

Des exemples concrets ?

  • Découvrez la région du Langtang pour y faire un trek responsable et ravivez l’économie après le tremblement de terre; ou même plus loin dans des régions protégés et limités via des permis spéciaux comme la région du Dolpa.
  • Renseignez-vous sur les activités proposées par des agences responsables comme Social Tours et plein d’autres.
  • Privilégier les adresses responsables sur la vallée Katmandou et les entreprises familiales

Allez, on a du pain sur la planche ! Ou du masala tea sur la table, chacun son style 🙂

Un dernier mot pour la route à ceux qui nous lisent ?

“Voyager n’est pas une chance mais un choix”

… à méditer !

Un immense merci à Charlotte, et pour en savoir plus ou entrer en contact avec elle ça se passe ici !

 

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Voyageuse dans l’âme et amoureuse de l’Asie, Edith a le goût de la découverte des cultures et la curiosité de ce qui se passe ailleurs. Lors d’un nouveau voyage d’un an en solo, elle découvre le tourisme responsable comme moyen d’agir au quotidien selon ses valeurs. De retour en France, elle est déterminée à donner à tous l’envie d’être responsable et à pousser les individus et les organisations à être des acteurs de ce monde. C’est ainsi qu’après un article et une dizaine de nouvelles adresses partagées sur Voy’agir, Edith est devenu notre première Super Voy’actrice !

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