5 raisons de tomber amoureux de la Colombie

A l’heure où j’écris ces mots, nous passons nos dernières heures en Colombie. Nous devions passer la frontière équatorienne ce matin, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu, et nous passons donc une journée à Popayan. C’est une belle opportunité pour visiter cette jolie ville coloniale et surtout pour faire un bilan de notre voyage en Colombie.

Déjà 84 jours que nous sommes en Colombie et notre visa expire bientôt. La Colombie aura été une expérience extraordinaire et variée de presque 3 mois ! On ne va pas tout vous raconter dans un article (ni en une journée) mais voici ce qui nous a le plus marqué.

Raison 1 : Les paysages incroyables de la Colombie

Voyager en Colombie c’est avant tout traverser des paysages incroyables et très variés. Il y en a tellement… On a été obligés de faire un TOP 5:

1 – Le paramo de Oceta

Paramo de Oceta
Marine | Voy'agir

2 – Le désert de la Guajira

La Guajira
Marine

3 – La vallée de Cocora

Vallée de Cocora
Marine | Voy'agir

4 – Le parc de Tayrona

Tayrona
Marine | Voy'agir

5 – Le lac de Guatapé vu depuis la Piedra

Guatape
Marine | Voy'agir

A ces paysages s’ajoutent tous ceux vus derrière la vitre d’un bus. Ils étaient parfois encore plus incroyables. La route de Mompox à Bucaramanga m’a particulièrement émerveillée ainsi que la route de Medellin à Manizales, dans la région du café.

Raison 2 : La complexité de l’Histoire de la Colombie contemporaine

Comprendre un pays, ou du moins essayer, c’est le premier commandement d’un voyageur responsable. D’ailleurs, sinon à quoi servirait-il réellement de voyager ? Ainsi pendant presque 3 mois, nous avons essayé de comprendre la réalité colombienne. Comprendre ce qu’il en était vraiment de l’actualité dont on entend parler en France : le trafic de drogue, les FARC, les guérillas, les paramilitaires, Pablo Escobar, Narcos, l’insécurité, le café, l’accord de paix… Bref, tous ces éléments qui font que certains pensent encore qu’il est trop dangereux de voyager en Colombie, alors que d’autres pensent que toutes ces histoires appartiennent au passé.

Narcos
NB: les colombiens, surtout ceux de Medellin, détestent Narcos et nous encouragent vivement à ne pas regarder cette série qui glamourise Pablo Escobar et continue à véhiculer cette image dangereuse de la Colombie

La réalité se trouve entre les 2 et est très complexe. Elle diffère selon les personnes, et selon les régions. Nous en parlerons peut être dans un article dédié. En tout cas, pour nous, essayer de comprendre comment un peuple qui a tant subit reste aussi souriant et accueillant, est l’essence de l’identité Colombienne.

Pour comprendre tout ça, en 3 mois nous en avons beaucoup parlé, à beaucoup de personnes, mais le sujet est difficile à aborder. Aussi certains tours ont été d’un grand secours pour comprendre les bases. Nous vous les recommandons chaudement, sachant qu’en plus ils sont tous en Prix libre.

  • le Free Walking tour de Bogota, pour comprendre comment la guerre civile a commencé il y a plus de 50 ans;
  • les discussions gratuites organisées tous les mercredis soir au Volonteer hostel à Cartagènes, pour comprendre autour de quels enjeux cette guerre continue quand même malgré tout;
  • le Graffitti Tour de Bogota, pour apprendre sans langue de bois les dessous de la Guerre et les répercutions actuelles;
  • le Free Walking Tour à Medellin, pour comprendre davantage l’implication du trafic de drogue dans tout ça et comment la ville, qui était reconnue la plus dangereuse du monde, s’en est sortie.

NB: ces tours ne parlent pas que de ça non, rassurez-vous.

Raison 3 : La diversité des communautés indigènes colombiennes

En 3 mois, nous avons visité plusieurs régions de Colombie. A chaque fois c’était une belle surprise de découvrir un artisanat traditionnel différent. Et qui dit artisanat différent, dit culture différente. C’est à ça notamment qu’on se rend compte de la diversité des communautés indigènes encore présentes et vivantes sur le territoire. Et c’est souvent le seul contact avec ces belles civilisations.

En faisant quelques recherches ont apprend vite qu’il existe plus de 102 groupes indigènes en Colombie, dont la majorité vit en Amazonie. Pourtant ils ne représentent que 3% de la population. Autant vous dire qu’il s’agit des 3% les plus pauvres et les plus discriminés de la Colombie. Vivant à l’écart de la civilisation ils ont aussi subi la guerre pendant 50 ans et font partie des populations déplacées par le conflit. Ceux qui ont été déplacés se sont retrouvés dans des ghettos autour des grandes villes incapables de trouver du travail car ne parlant pas l’espagnol et souvent perdus ne comprenant absolument pas la culture. C’est pourquoi cela fait partie d’un voyage responsable que de soutenir les initiatives qui visent à les aider à préserver leurs cultures et à survivre. Dans ce domaine Volonteer Hostel et Insider Tours sont des exemples à suivre.

Chaque communauté vit dans une région différente, a ses propres croyances, souvent sa propre langue, ses propres tenues et donc ses propres techniques artisanales. Nous n’avons pas eu l’opportunité de rencontrer beaucoup d’indigènes, mais l’aperçu que nous avons eu de la diversité de leurs cultures, est une des merveilles de la Colombie, sans aucun doute.

Les Peuples de la Sierra Nevada : les Koguis, les wiwa et les Arhuacos

La première communauté rencontrée a été celle des Koguis. « Rencontré » est un grand mot, nous les avons aperçus à Pueblito, dans le parc de Tayrona. Pueblito est un petit village traditionnel sacré pour toutes les communautés Tayronas (les koguis, les arhuacos, les … et les …). Quand on va à Tayrona par Calabazo, le chemin de randonnée passe par le village c’est un peu étrange. On sent que la communauté souhaite conserver ses traditions et ne pas se mêler aux petits frères modernes. Une autre opportunité de rencontrer ces peuples est de faire la randonnée jusqu’à la Ciudad Perdida.

Les 4 communautés issues du peuple Tayronas, partagent certaines croyances. Ils considèrent notamment la Sierra Nevada comme le cœur du monde et croient que le bien être de la planète dépend de ce lieu. Ils se considèrent comme les grands frères de l’homme moderne. Les 4 peuples vivent dans la Sierra Nevada. Ils pratiquent l’agriculture à différentes altitudes de la montagne, chaque communauté satisfait à différents besoins. Ils parlent le Chibcha et vivent principalement d’agriculture et de troc d’artisanat. On estime la population Koguis à 10 000 individus et les Arhuaco à 32 000. Des 4 peuples, les Koguis sont ceux qu’on croise le plus à Santa Martha.

Koguis_Tribesman
Dwayne Reilandervia via wikimedia.commons

Wayuu ou Guajiros

Il s’agit du peuple que vous côtoierez le plus, si vous allez jusqu’à Cabo de la Vela et Punta Gallina, ce que nous vous recommandons. Toute cette région leur appartient et les non-wayuu ne peuvent pas acheter de terrains.

Vivant exclusivement dans la région de la Guajira, à la pointe nord de la Colombie, la communauté Wayuu est aussi présente sur le territoire vénézuélien. La Guajira est la région la plus au nord de la Colombie. C’est une région très désertique et pauvre, où le tourisme s’est imposé sans que les Wayuu n’aient rien demandé. Et ça se sent. Ce peuple est un peu envahi par les touristes, qui ne prennent pas vraiment le temps de les rencontrer, car une excursion pour aller jusqu’à Punta Gallina (la pointe extrême nord de toute l’Amérique du Sud) se fait en général en seulement 2 jours. Juste le temps d’observer la magnificence du désert qui se jette dans la mer. Alors finalement pourquoi eux feraient-ils l’effort d’être aimables? C’est bien dommage car en prenant un peu plus le temps, on découvre un peuple fier de guerriers, qui a su pendant très longtemps repousser les envahisseurs (et pas seulement les conquistadors espagnols) et qui préserve sa culture.

C’est aussi le peuple dont vous avez le plus de chance d’acheter de l’artisanat puisque c’est eux qui font ces sacs magnifiques de toutes les couleurs qu’on trouve partout dans le nord de la Colombie. Si vous le pouvez, je vous conseille de leur acheter un hamac, ce sont probablement les plus confortables du monde. Malheureusement pour nous, c’était trop lourd à porter pour le reste du voyage.

On estime leur population à 145 000 personnes et ils parlent le wayuu. Chaque famille appartient à un clan et ils vivent principalement du fermage, notamment de chèvres.

Wayuu Woman
Jairo Orrego via flickr

Muiscas

Vous ne rencontrerez pas les Muiscas, peut être certains de leur descendants. Mais comme nous vous aurez peut-être la chance de marcher sur leurs terres et de visiter leurs tombeaux. C’est dans le Paramo de Oceta que nous avons eu cette chance, et c’est l’un de nos plus beaux souvenirs.

Dans la région de Boyaca, de Cundinamarco et de Santander, on trouve des vestiges de leurs civilisations. Ils ont fait partie de ces peuples orfèvres qui ont fait naître bien malgré eux le mythe de l’Eldorado.

Embera ou Chami

Cette communauté aussi présente au Panama dans le Darién, vit principalement sur la côte Pacifique, dans la région du Choco. En Colombie, on estime qu’ils sont 71 400. Ils parlent leur propre dialecte, l’Embera, et vivent principalement de chasse, de pêche et de cueillette. Ils ont aussi quelques cultures comme la banane, le maïs, la canne à sucre et le manioc. En dehors du Choco, on les croise et les reconnait par l’artisanat qu’ils vendent, principalement de magnifiques colliers en perles. Au Panama, on les reconnait aussi au Tissu de leurs vêtements, mais je ne les ai pas vus en Colombie.

Les seuls que nous avons croisés vendaient des colliers dans la rue à Bogotá.

By Geoff Gallice via wikimedia Commons
Embera Collares
Marine | Voy'agir

De nombreuses autres communautés

Parmi toutes les communautés que nous n’avons pas croisées, il y a les Huitoto. Assez logique puisqu’ils vivent en Amazonie, à la naissance des fleuves Putumayo et Caqueta, à la limite de la frontière péruvienne, où nous ne sommes pas allés. On estime qu’ils sont seulement 6 250. Au travers de la danse, ils cherchent à atteindre une élévation spirituelle, la fertilité de leurs terres et l’immunité face aux maladies. Pour vivre ils cultivent principalement le manioc, le cacao, la coca, le maïs et le tabac. Ils chassent aussi grâce à des sarbacanes aux flèches empoisonnées.

Et enfin, les Guambianos ou Misak, qui vivent dans la Cordillère des Andes occidentales dans le département del Cauca, on estime leur population à 20 780 personnes. Ils ont leur propre dialecte le wampi misamerawan ou le wam . Leur économie se base sur l’agriculture, principalement la culture du café, des pommes de terre et du manioc. On les reconnait grâce à leur tenue bleue et leur chapeau.

Femmes Huitoto
Femme Misak

Raison 4 : La multitude des fruits exotiques de Colombie

On ne peut pas dire qu’on soit tombé en extase devant la gastronomie colombienne, par contre nous sommes tombés amoureux des fruits exotiques de Colombie. Il n’y a pas de doute, cela va vraiment nous manquer. Pourtant c’est un aspect de la Colombie dont je n’avais pas particulièrement entendu parler, alors qu’il y en a beaucoup et vraiment de très extravagants que je n’avais jamais vu ailleurs.

Depuis le premier jour, à Carthagène, les fruits ont fait partie intégrante de notre expérience colombienne. Cela avait commencé simplement avec des jus d’oranges frais. Après le 5ème en deux jours, nous avions vite acheté un verre réutilisable et refermable pour arrêter l’hécatombe de verres en plastique. Depuis cela n’a pas arrêté, nous avons régulièrement découvert de nouveaux fruits, et bus plus de jus dans la rue que nous ne pouvons en compter (surtout moi, j’avoue). Parmi la très grande variété voici mes 3 préférés :

Pitahaya

1 – La Pitahaya

On l’appelle aussi le fruit du dragon, mais ce n’est pas celui qu’on trouve en Asie, où que l’on connait en général, mais ils font partie de la même famille.

On adore déguster sa chair blanche à la petite cuillère, en dessert ou au petit déj ! C’est devenu notre péché mignon, et on en a acheté à chaque fois qu’on en a trouvé.

2 – La Maracuya

C’est un fruit de la passion, mais encore une fois ce n’est pas celui qu’on trouve en France. Celui-ci serait en fait un fruit de la passion jaune alors que celui que l’on connait, beaucoup plus petit et violet, se fait appeler ici « Gulupa ». J’ai tardivement appris qu’il y a en effet une dizaine de fruits de la passion différents.

On a bu des jus de maracuya et des jus de maracuya et orange, pendant 3 mois. A chaque fois qu’on en a vu. Un délice ! Par ailleurs, j’ai personnellement adoptée la maracuya dans ma vinaigrette : un régal !

Pitahaya
Guanábana

3 – La Guanabana

Celui-ci je n’ai jamais trouvé la traduction en français, mais il y a des chances qu’il soit de la même famille que le fruit du dragon, car il a également une chaire blanche et une texture similaire. Il est aussi bon en jus qu’en salade de fruits.

Mais après ceux-là il y en a beaucoup, beaucoup d’autres et je vous conseille, si vous en avez l’opportunité, d’en goûter le plus possible. Pour découvrir tous ces fruits vous pouvez réaliser un fruit tour à Bogota ou à Medellin. Ou opter comme nous pour la manière artisanale. On a parcouru des marchés en pointant du doigt chaque fruit que nous ne reconnaissions pas, demandé leur nom, la manière de les manger et leur prix. N’hésitez pas à nous dire quels sont vos préférés.

Raison 5 : La conservation des plus belles villes coloniales

Quand on pense ville coloniale en Colombie on pense immédiatement à Carthagène bien sûr. Mais les villes coloniales en Colombie, sont nombreuses et de tailles très variées. Il y a plusieurs styles montrant bien les différentes tendances du colonialisme. On fera notamment une grande différence entre les villes coloniales de grandes haciendas aux murs blancs comme Mompox, Mongui, Villa de Leyva, Popayan, Barichara et les très colorées : Carthagène, Santa Martha (la plus ancienne), Salento…

Bogota - La Candelaria
Santa Marta
Barichara
Carthagène
Mompox
Popayan
Villa de Leyva
Mongui
Salento

Alors que vous dire pour finir? Nous sommes un peu tristes de quitter la Colombie, surtout que nous avons le sentiment qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir et à comprendre. Notre vrai gros regret sera de ne pas avoir été dans la région de Choco, mais on se la garde pour une prochaine fois.

En même temps il faut le dire, on a vraiment hâte de découvrir l’Equateur ! D’autant plus que dans 1 semaine, nous avons rendez-vous dans un rescue center pour faire un volontariat. Ça nous fait vraiment rêver. Par contre, pas de wifi, pas d’électricité… Il faudra attendre qu’on ait fini pour savoir comment ça s’est passé.

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Sans oublier de voyager, de profiter de la vie et de répandre sa passion et ses convictions, pour pouvoir vous en parler, Marine mène sa barque pour développer Voy’Agir contre vents et marées, portée par sourires, soutiens, persévérance et son incroyable entourage. Marine est la fondatrice de Voy’Agir qui est né de son goût pour les voyages et de sa certitude que le Tourisme est le meilleur outil du développement durable.

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